• Louis Braille

    En 2009, nous avons fêté le bicentenaire de la naissance de Louis Braille, inventeur génial du système d'écriture par points en relief, destiné aux aveugles.

    Au cours de cette année 2009, de nombreux événements ont marqué cette commémoration. Bien entendu, l'UGAMPA s'est inscrite dans cet anniversaire, notamment par la sortie du Coffret de 2 CD "Quelques notes pour Louis Braille".

    Télécharger l'exposé de Braille, de 1839 sur son procédé d'écriture et de lecture... 

    Lire l'article ci-dessous : "Ringard le Braille?"... il est sous le texte de l'Encyclopédie.

    Voir et entendre un excellent film (25mn au total) sur Louis Braille, en audiodescription :
    - Télécharger le fichier entier au format zippé de "wmv" ; dézippez le fichier et regardez/écoutez-le...
    - Télécharger les 4 fragments de ce film au format "mov" :
    1er fragment, 2e fragment, 3e fragment, 4e fragment.
    Nous avons dû fragmenter ce fichier pour nous conformer aux contraintes de l'hébergeur gratuit sur lequel il est stocké.

    Télécharger l'émission de France Inter "Au fil de l'Histoire" consacrée à Louis Braille en janvier 2009.

    Site de la maison de Louis Braille...

    Ecouter une chanson de Terry Kelly, en anglais, écrite en hommage à Louis Braille...

     

     

     

    Photo tombeau Louis Braille

    Tombeau de Braille au Panthéon.


    Par ailleurs, qu'on me pardonne les quelques correctifs que je signale ici : J'ai indiqué le nom véritable du Dr Pignier, qui était indiqué "Piguier". En outre, le nom complet de Barbier était Barbier de la Serre. On parle de "transcription" de noir en braille et de braille en noir, plutôt que de "traduction", mot utilisé dans le texte ci-dessous. Outre encore cela, quelques coquilles corrigées...

    Il faut aussi préciser que l'ingénieuse écriture inventée par Charles Barbier de la Serre était conçue pour être lue par les militaires dans la nuit ou la pénombre, et devait bien entendu échapper à l'ennemi.

    Le texte :

    Professeur à l'Institution royale des jeunes aveugles de Paris, aveugle lui-même, Louis Braille a donné son nom à un système de notation en relief à l'usage des personnes atteintes de cécité et applicable à l'alphabet, aux signes mathématiques et au déchiffrement des partitions musicales. Né à Coupvray, en Seine-et-Marne, mort à Paris, Braille avait trois ans lorsque, se blessant accidentellement avec un outil que son père, bourrelier, avait laissé à sa portée, il perdit un oeil, puis l'autre à la suite d'une infection. Il entra à dix ans à l'Institution des jeunes aveugles, où il se fit remarquer pour sa vive intelligence. À quinze ans, il obtint un poste de répétiteur.

    Peu après, il est nommé professeur de l'institution et, par ses qualités humaines et pédagogiques, acquiert l'amitié du directeur, le docteur Pignier.

    En 1829, il publie son Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points, à l'usage des aveugles et disposé pour eux. C'est l'exposé d'une méthode mise au point dès 1826. En 1837, une deuxième édition parfait et simplifie la méthode. Un an plus tard, Braille édite en relief un Petit Mémento d'arithmétique à l'usage des commençants, contenant les nombres entiers et les fonctions décimales, suivi de cent problèmes. Atteint de phtisie en raison des conditions insalubres qui règnent dans l'Institution, il abandonne son poste en 1844, devient professeur de musique et écrit plusieurs traités. Il meurt à quarante-trois ans, tandis que son ouvre accède à une renommée internationale.

    Il existait avant Braille plusieurs tentatives en vue de faciliter la lecture et l'écriture chez les aveugles. Dès le début du XIXe siècle, Valentin Haüy (1745-1822) avait songé à employer un système de relief linéaire. Mais le véritable promoteur en ce domaine fut un militaire français, Charles Barbier de la Serre, qui, partant d'un procédé en usage dans l'armée en campagne pour les messages chiffrés et appelé « écriture nocturne », imagina de le perfectionner dans l'intérêt des aveugles. Il répartissait vingt-cinq lettres de l'alphabet en une table de cinq colonnes de cinq lignes, et trente-six sons en six colonnes de six signes. Chaque son était représenté par deux chiffres, le premier indiquant le numéro de la ligne, le second le numéro de la colonne. Le Système recueillit l'approbation d'Ampère et de Lacépède. Pourtant, Barbier s'était limité à une sonographie, estimant que les aveugles n'ont besoin ni d'orthographe ni de ponctuation. Trois ans après la découverte de Barbier (1823), Braille reprend le problème avec un plus grand souci pédagogique et culturel. Il réduit à six points, répartis en deux colonnes de trois, les douze points que le système de Barbier exigeait pour chaque signe. Les gros points, qui représentent les caractères alphabétiques, mathématiques et musicaux, sont en relief ; les petits points servent à indiquer la position relative des gros dans chaque groupe de six. L'agencement des gros points compose une figure qui est aisément repérable tactilement et que l'usager apprend très vite à traduire en une lettre, un chiffre ou une note.

    Un moment accusé de plagiat, Braille conquit peu à peu l'estime de tous ceux qui avaient à coeur de faciliter l'accession des aveugles à l'écriture, à la lecture et à la composition. Barbier lui-même lui rendit hommage en 1833, reconnaissant dans le système de Braille une simplification qui en garantissait l'universalité. Redéfinie en 1878, l'écriture Braille est désormais en usage dans le monde entier et s'applique à toutes les langues. La publication par l'U.N.E.S.C.O., en 1954, de L'Écriture Braille dans le monde de Clutha Mackensie a marqué une étape importante dans le développement du système tactile.
    On compte désormais des machines à écrire Braille - dont la Perkins est le plus fréquemment utilisée -, des productions de cartes et diagrammes, des procédés de traitement de textes et de traduction automatique en caractères Braille.

    Auteur : Raoul VANEIGEM,
    Source : Encyclopédie Universalis.


    (tiré du "24 heures" du 19 janvier) Article de presse :

    CéCITé - Ringard, le braille?

    Les avancées technologiques ont tendance à le faire passer au second plan. Pourtant, il résiste et reste le seul moyen d'écriture à l'usage des personnes aveugles.

    Explications à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Louis Braille. Yseult THERAULAZ.

    Six petits points disposés sur deux rangées verticales suffisent aux aveugles pour coucher sur papier et en relief, la langue de Molière, entre autres. "Inventé en 1825, le code braille est non seulement utilisé dans les cinquante-cinq pays francophones du monde, mais il a aussi été adapté aux autres langues, comme le chinois et l'arabe", explique Louis Polèse, professeur de braille et expert à la Commission internationale pour l'évolution du braille francophone.

    Utilisé par un grand nombre de personnes privées de la vue, le braille subit toutefois le dédain de la jeune génération. "Ce code est mis au second plan, car les jeunes sont fascinés par les nouvelles technologies, explique Jean-Marc Meyrat, responsable de l'antenne romande de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA), à Lausanne.

    D'ailleurs, dans les pays industrialisés, il y a de moins en moins d'enfants aveugles grâce aux progrès ophtalmologiques et aux dépistages. " Et apprendre une nouvelle langue sur le tard, avec tout ce que cela implique sur le plan psychologique, n'est pas évident. «"Informatico-compatible".» Adapté à un grand nombre d'outils informatiques, le braille reste indispensable pour toute transcription écrite. "Nous ne sommes pas dans une société orale, poursuit Louis Polèse. Ce code binaire, semblable à celui utilisé en informatique, est
    particulièrement compatible avec l'ordinateur. " En vingt ans de bons et loyaux services auprès de l'imprimerie braille du Centre pédagogique pour handicapés de la vue de Lausanne, Marianne Castella constate une baisse drastique du nombre d'abonnés à la revue mensuelle :
    - Nous en avons une soixantaine contre 200 lorsque j'ai commencé.
    Mais ne pas connaître le braille revient à ne pas savoir écrire!" «Lire avec les oreilles.» Un désintérêt pour la lecture tactile lié notamment à une offre grandissante en matière de "lecture audio". Livre parlé, kiosque électronique transformant les journaux en format MP3, logiciels de reconnaissance vocale sont autant d'outils permettant de faire l'impasse sur l'écriture. "En utilisant mon ordinateur ou mon enregistreur, je n'ai jamais eu à apprendre ce code", explique Paul-André Dupertuis, de Bulle.

    Privé de la vue en 1993, à l'âge de 35 ans, cet ancien agriculteur précise :
    - J'ai toujours été un manuel bien plus qu'un bureaucrate. Je n'ai jamais beaucoup lu ou écrit. " Sans oublier que lire avec ses doigts requiert une certaine sensibilité tactile et du temps !

    Anne Pillet, bibliothécaire responsable de la Bibliothèque braille romande, basée à Genève nuance : "Les outils informatiques ne remplacent pas le plaisir de prendre un livre sous le bras et d'aller s'installer sur un banc pour le lire. " Avis partagé par Chantal Gaillard, enseignante de braille en Valais : "Je suis aveugle depuis l'adolescence. A l'époque déjà, je lisais énormément. Grâce au braille, je garde le contact avec le papier. Je suis moins bonne à l'écrit, mais je fais mes mots croisés en braille. " « Jamais en panne. » Etiquetage de produits, marquage dans les lieux publics, pense-bêtes sont autant d'utilisations courantes de cet alphabet tactile. "Aujourd'hui, l'accent est mis sur le côté pratique du braille, lié à la vie de tous les jours", précise Jean-Marc Meyrat.

    Et le quinquagénaire Michel Turrian, aveugle depuis plus de vingt ans,
    Confirme : "Cet alphabet m'est utile pour prendre des notes, étiqueter mes disques, noter mes rendez-vous. En revanche, je ne l'utilise plus pour lire. " Et de conclure : "Le braille ne va pas disparaître. D'autant qu'un ordinateur peut tomber en panne !".